Les solutions de l’ESS et des Coopératives Forestières pour éteindre l’incendie

L’Union de la Coopération Forestière Française (UCFF-Les Coopératives Forestières) demande au gouvernement un engagement concret, et des moyens financiers, pour étendre encore et valoriser la gestion active et durable des forêts et ainsi minimiser les risques d’incendies.

En France, cette année encore, des dizaines de milliers d’hectares de forêts partiront vraisemblablement en fumée durant l’été. En grande majorité d’origine humaine, ces feux de forêts sont aussi symptomatiques d’un réchauffement climatique qui ne cesse de s’aggraver.

Des solutions en amont existent pourtant pour minimiser les risques d’incendies, avance L’Union de la Coopération Forestière Française (UCFF-Les Coopératives Forestières) dans un communiqué de presse en date du 20 juillet 2026. L’une des plus significatives est l’aménagement et le bon entretien de la forêt. La desserte¹ des massifs, les débroussaillements, mais aussi l’entretien des pistes permettent de réduire significativement la masse combustible et surtout libèrent l’accès en cas d’intervention des pompiers. 

Ces recommandations sont en cohérence avec les valeurs de l’Économie Sociale et Solidaire portées par Les Coopératives Forestières, qui appréhendent avec lucidité les changements climatiques en cours et promeuvent en conséquence une gestion responsable et durable du domaine forestier. À l’origine de 20 % de de la production nationale de bois et de 40 % du reboisement en France, elles sont un rouage essentiel de l’économie sylvicole dans notre pays. 

Ne relevant pas du domaine public, les structures de l’ESS comme l’UCFF ont une liberté de parole qui leur est propre. Ce n’est pas le cas des structures publiques – soumises de fait à un devoir de réserve et un principe de neutralité vis-à-vis des décisions et actions de l’Etat. Cela permet aux structures de l’ESS de proposer des solutions audacieuses et novatrices, respectueuses du bien commun et de l’intérêt collectif. D’autre part, l’ESS par nature se tient à distance du secteur lucratif:  l’UCFF n’a, par exemple, aucun intérêt financier dans des logiques extractivistes², que sous-tendent par exemple les coupes rases³.

Alors que la ministre de la Transition Écologique Monique Barbut a récemment annoncé un « grand plan d’investissement pour la forêt française », les 12 coopératives forestières qui composent l’UCFF appellent aussi à une traduction concrète et rapide des ambitions affichées par le gouvernement. Le projet de loi de finances 2027, qui acte les grandes orientations budgétaires pour l’année à venir, permettrait de prendre des engagements forts, en allouant des moyens financiers conséquents pour l’entretien actif et durable des forêts. 

D’autre part, les Coopératives forestières demandent une clarification du droit, dans le Code de l’environnement. Notamment, l’article L411-1 relatif à la protection des espèces est sujet à interprétations. Selon la lecture qui en est faite, des travaux forestiers pourtant indispensables à la sécurisation de la forêt, comme les débroussaillements, peuvent légalement être empêchés. Ce flou juridique contribue à accentuer les risques de feux dans les forêts de notre pays, où plus de 35 000 hectares de forêts ont tout récemment disparu sous les flammes, en quelques jours seulement. 

 

¹ Les dessertes forestières sont les routes, pistes, chemins…qui permettent d’accéder à un massif forestier.

² Une logique extractiviste désigne une exploitation intensive, à grande échelle et court-termiste, des ressources naturelles telles que le bois ou l’eau, par exemple. Destiné à alimenter le marché mondial, ce mode de production nuit tout particulièrement aux équilibres écologiques ainsi qu’à la notion de “Bien commun ».

³ Les coupes rases désignent la coupe de tous les arbres d’une même parcelle en une seule fois, sans attendre que de jeunes pousses amenées à les remplacer soient installées. Une méthode certes économique mais qui affecte durablement tout l’écosystème environnant.

Crédit photo : Jean

 

Aurélien Mathé pour Alpesolidaires